PRESENTATION DE NOS DIFFERENTS PROJETS

Dakawomina

Le village de Daka Womina

Vous serez bien en mal de trouver Daka Womina (ou Dakawomina) sur une carte du Mali ou même sur Google Earth. Et pourtant, ce petit village de pêcheurs Bozos ancré sur les rives du Fleuve Niger est loin d'être un village fantôme.

C'est même le village qui assure l'approvisionnement de la commune de Fatoma en produits de la pêche, mais également les marchés de Bamako, Mopti, San et Koutiala.

Avec une production de poissons estimée à 60 tonnes/an pour le poisson frais, 600 kg/an pour le poisson séché et 4 tonnes/an pour le poisson fumé, la pêche constitue le troisième secteur de l'économie locale.

La transformation du poisson est l'affaire des femmes. La grande variété de poissons (les plus importants sont les silures, poissons chiens, capitaines) explique les différentes méthodes de pêche et de conservation qui ont été développées.

Le village bénéficie également d’un périmètre irrigué de 25 hectares permettant 2 récoltes de riz par an, le riz étant prêt en 4 mois et donnant un rendement de 8 tonnes à l’hectare les meilleures années.  C’est cette initiative qui a permis aux villageois de se sédentariser.

Le périmètre irrigué est géré par les villageois qui ont créé une « Association des exploitants du périmètre irrigué de Dakawomina » et dont le président est Konimba Karonta qui est également le trait d'union entre les villageois et notre association.

Outre ces deux activités principales, le village pratique également l’élevage et le petit commerce.

Daka Womina fait partie de la commune de Kounari (dont le chef-lieu est Manako), elle-même reliée au Cercle de Fatoma, dans la région de Mopti. Le village compte environ 1400 habitants dont la majorité appartient à l'ethnie des Bozos (les Maîtres du Fleuves). Il est constitué en moindre proportion, de Peuls, de Malinkés et de Tamasheks (Touaregs).

142 enfants sont inscrits à l'école primaire du village (de la première à la sixième année)

Situé à une trentaine de kilomètres de la ville de Mopti et à 14 kilomètres de Fatoma dont il dépend et où se trouve le Centre de Santé Communautaire (CesCom) le plus proche, l'accès au village se fait par la piste (charrette, âne, moto) en venant de Fatoma ou par voie d'eau en pinasse (pirogue) au départ de Mopti.

A la saison des pluies, une grande partie du village et des pistes sont inondées rendant plus difficiles encore les liaisons entre les villages, et plus précaire la vie des populations.

Les défis du Village

Les défis auxquels doivent faire face les villageois sont nombreux et touchent tant la santé que l'éducation, mais aussi l'avenir du fleuve Niger dont dépend leur survie

En termes de santé

Animés par Konimba, Premier Conseiller du village (jouant un rôle clé au sein de la population dont il est le relais santé), les villageois via l’ « Association des exploitants du périmètre irrigué de Dakawomina » ont émis le souhait que soit construit un petit centre de première urgence sur leur commune pour pallier surtout aux problèmes liés à la grossesse et à l’accouchement.

Comme indiqué plus haut, les difficultés de transport, surtout à la saison des pluies, rendent très difficile le transfert des futures mamans vers le CesCom le plus proche à Fatoma.

La création d’un centre de première urgence profiterait également aux populations des villages avoisinants Dakawomina et situés dans un périmètre de 3 kilomètres, certains de l’autre côté du fleuve. (Kalassirou, Wandiaka, Kapio et Karabaye).

La population globale de l’ensemble des villages avoisine les 5.000 personnes.

En termes d’éducation

Konimba Karonta fut également à l’origine de la première école du village qu’il créa en 1997, ayant lui-même eu la chance de pouvoir suivre un cycle d’études complet grâce à la clairvoyance de son père. A l’époque (années 70), les directeurs d’école venaient et "enlevaient" les enfants pour les scolariser. Les parents qui perdaient ainsi de la main d’œuvre et ne voyaient pas l’intérêt de l’école, se cotisaient et payaient pour ramener les enfants au village. Par chance, le père de Konimba en décida autrement, et malgré les réticences du village, il lui laissa poursuivre des études. Lorsqu’il revint au village, il était le seul lettré. Hélas, suite au décès de son père à la fin du lycée il dû reprendre la charge de sa famille et interrompre ses études.

Aujourd’hui, seuls 40 % des enfants sont scolarisés !

Une nouvelle école a été construite mais celle-ci ne permet pas d’y accueillir les 142 enfants inscrits. Certains suivent les cours dans les ruines de la petite école en banco (argile) ou à l’abri de quelques nattes superposées pour former un toit de fortune. Autant dire que pour ces derniers, il n’y a pas cours par grand vent !!!

Les enseignants quant à eux doivent exercer leur profession dans des conditions qui pour nous seraient tout à fait inacceptables. N’ayant pas de logement décent, les institutrices vivent à plusieurs, avec leurs enfants, dans une pièce mise à leur disposition par le village (pas d'eau, ni électricité, ni toilettes).

L’avenir de l’école est donc tout à fait aléatoire et conditionné par la bonne volonté de ces instituteur(rice)s qui font preuve d’énormément d’abnégation et de courage.

L'avenir du fleuve Niger

Sans être des spécialistes, nous avons pu constater en deux ans une diminution importante de niveau du fleuve avec les conséquences que l'on peut imaginer. Les changements climatiques occasionnés par la pollution dans les pays du Nord ont un impact important sur la pluviométrie dans les pays du sud, mettant plus à mal encore des populations déjà défavorisées.

L'absence de système d'épuration des eaux fait du fleuve un énorme dépotoir où toutes les villes rejettent leurs eaux usées.  Le fleuve est ainsi l'endroit où l'on fait la vaisselle, la lessive et sa toilette mais aussi où l'on se débarrasse de tous les déchets de la vie quotidienne

 L'usage intensif des sacs plastics qui sont jetés dans la nature (aucun tri ni ramassage n'est organisé) et se retrouvent en couche allant jusqu'à un mètre de haut à certains endroits dans le lit du Niger, tuant toute vie végétale, sans parler des poissons qui ingèrent ces plastics et meurent étouffés.

Enfin, la surpêche risque à terme de mettre à mal cette source précieuse de revenus, base de l'alimentation de milliers de personnes.

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